Nous contacter

Décryptages de l'actualité · 15 septembre 2026

Mis à jour le 17 octobre 2026

Budget 2027 : ce qui est sur la table pour les retraités

Le budget qui fixera les pensions de 2027 est arrivé à l'Assemblée le 1er octobre, sans faire beaucoup de bruit. Deux pistes avaient été ouvertes en septembre, l'une sur la revalorisation des pensions, l'autre sur leur imposition. Elles pourraient engendrer une baisse du niveau de vie des retraités.

L’essentiel

  • Deux mesures touchent les retraités, et non une seule comme annoncé en septembre : une revalorisation des pensions inférieure à l'inflation, et un coup de rabot sur leur avantage fiscal.
  • La revalorisation réduite vise les pensions dont le total, base et complémentaire additionnées, dépasse 1 260 euros. Aucune ne baissera, mais elles progresseront moins vite que l'inflation, et perdront donc du pouvoir d'achat. Le taux reste à fixer par décret.
  • L'avantage fiscal, c'est l'abattement de 10 % sur les pensions. Son plafond tombe à 3 000 euros : au-delà, le revenu imposable augmente, l'impôt avec lui, et le taux de CSG prélevé chaque mois peut passer au palier supérieur sans que la pension ait bougé d'un euro.
  • Une troisième mesure transforme la majoration de pension pour enfants. Elle ne vise que les pensions prenant effet à compter du 1er juillet 2027 : partir en juin ou en juillet ne donnera pas le même montant.
  • Rien n'est voté à ce jour.

Mise à jour du 17 octobre 2026

L'Assemblée supprime le plafond

Le 15 octobre 2026, l'Assemblée nationale a supprimé l'article 3 en séance publique, par 116 voix contre 30. Cet article abaissait à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % pour les pensions de retraite. La commission des finances l'avait déjà écarté le 7 octobre.

Ce n'est pas la fin du parcours : le texte doit encore être voté dans son ensemble, puis passer au Sénat.

Le plafond en vigueur reste 4 439 euros, et le plancher de 454 euros continue de protéger les petites pensions.

Mise à jour du 2 octobre 2026

Le texte est déposé, et il retient les deux pistes

Le 1er octobre 2026, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 a été délibéré en Conseil des ministres, puis déposé le jour même sur le bureau de l'Assemblée nationale sous le numéro 3211. Il est renvoyé à la commission des affaires sociales.

Ce décryptage annonçait, le 18 septembre, que les deux dispositifs ne pouvaient pas être maintenus ensemble et que le Parlement choisirait entre eux. Le texte déposé retient les deux. Cette partie est donc corrigée, et la suite de la page garde l'état de septembre, qui explique comment on en est arrivé là.

Deux textes, et non un seul

La revalorisation des pensions relève du budget de la sécurité sociale. L'abattement fiscal de 10 % relève du projet de loi de finances, qui est un texte distinct, déposé le même jour. Un lecteur qui suit le budget en suit en réalité deux, examinés séparément, et qui peuvent évoluer différemment.

Sur les pensions, un taux que la loi n'écrit pas

La mesure vise les pensions dont le montant total dépasse 1 260 euros, seuil qui correspond au niveau de pension garanti pour une carrière complète. Ce montant s'entend retraite de base et retraite complémentaire additionnées, et non la seule retraite de base. C'est le premier point sur lequel se tromper.

Le texte n'écrit pas de combien ces pensions seront revalorisées. Il autorise le Gouvernement à fixer ce taux par décret, à deux conditions : qu'il soit inférieur à l'inflation, et qu'aucune pension ne baisse. Le dossier qui accompagne le texte indique que ce taux pourra être rendu plus progressif en mobilisant un second seuil, à 2 000 euros. Cette faculté n'est pas une décision, et au 2 octobre personne ne sait si elle sera utilisée.

Le rendement attendu est d'environ 4 milliards d'euros en 2027, pour une revalorisation complète dont le coût net est estimé à 6,2 milliards.

Sur l'impôt, l'abattement plafonné et non supprimé

L'abattement de 10 % au titre des frais professionnels des retraités n'est pas supprimé. Son plafond est abaissé à 3 000 euros, ce qui réduit d'un quart le coût de cet avantage fiscal. Le dossier précise qu'il ne concerne aujourd'hui qu'un tiers des foyers comportant un retraité.

Une troisième mesure, sur la majoration pour enfants

Le même texte transforme la majoration de pension pour enfants. Aujourd'hui, les personnes ayant élevé trois enfants ou plus voient leur pension du régime général majorée de 10 %. Cette majoration deviendrait un montant forfaitaire, identique pour les femmes et pour les hommes.

La bascule se fait sur la date d'effet de la pension, à compter du 1er juillet 2027. Les pensions ayant déjà pris effet ne sont pas touchées. Le montant du forfait n'est pas connu à ce jour, le dossier indiquant seulement qu'il sera calibré pour que le coût d'ensemble reste identique.

Le détail de cette mesure, avec les chiffres et leurs sources →

Ce qui n'est pas décidé

Rien n'est voté. Le texte entre en commission, puis en séance, et il peut être modifié à chaque étape. Au 2 octobre, aucun amendement n'a été déposé. Et même une fois la loi votée, deux chiffres resteront à fixer par décret, le taux d'indexation des pensions et le montant de la majoration forfaitaire.

Mise à jour du 18 septembre 2026

Le 17 septembre : un plafond, et deux pistes

Le jeudi 17 septembre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a précisé les choses. Pour 2027, il demande un effort budgétaire d'environ 54 milliards d'euros au total, faute de quoi le déficit public atteindrait selon lui 6,5 % de la richesse nationale. Les retraités y contribueront pour moins de six milliards d'euros.

Il a promis qu'« aucune pension ne diminuera », et que les petites pensions et le minimum vieillesse seraient protégés. Deux pistes restent possibles. C'est le Parlement qui choisira.

Première piste : ne pas augmenter en 2027 les pensions les plus élevées, ou les augmenter moins vite que les prix. La pension ne baisse pas, mais les prix, eux, continuent de monter : avec la même somme, on achète un peu moins. On ne sait pas encore à partir de quel montant une pension serait jugée élevée.

Seconde piste : supprimer un avantage fiscal. Aujourd'hui, 10 % de la pension ne sont pas comptés dans le revenu soumis à l'impôt, dans la limite d'un plafond. Sans cet avantage, la pension reste la même, mais le revenu retenu par les impôts augmente. Pour les foyers qui paient l'impôt sur le revenu, celui-ci augmente aussi. Et ce même revenu sert à fixer le taux de CSG prélevé chaque mois sur la pension : un retraité proche d'un seuil peut passer au taux supérieur sans que sa pension ait bougé d'un euro.

15 septembre 2026

L’article

Le vendredi 11 septembre, le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, a posé une alternative. Indexer l'ensemble des pensions sur l'inflation coûterait, selon lui, plus de 6 milliards d'euros l'an prochain, dont « on n'a pas aujourd'hui le premier euro ». L'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités représente un ordre de grandeur voisin, environ 6 milliards d'euros par an, plafonné à 4 439 euros par foyer. Sa position : les deux dispositifs ne peuvent pas être maintenus ensemble sans creuser le déficit, dans un budget qui vise 30 milliards d'euros d'économies.

Le dimanche 13 septembre, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a jugé qu'il n'était « pas illogique de faire appel à un effort » des retraités. Il a aussitôt écarté l'une des deux branches : « La désindexation, je n'aime pas. » Il a précisé qu'aucune pension ne baisserait en 2027, la discussion portant sur le taux de revalorisation, et évoqué une négociation annuelle avec les partenaires sociaux, sur le modèle des régimes complémentaires.

Le lundi 14 septembre, le gouvernement a écarté une autre piste, distincte : le gel du barème de l'impôt sur le revenu. Ce barème sera indexé sur l'inflation, ce qui évite l'alourdissement mécanique de l'impôt qu'un gel aurait produit. Cette annonce concerne tous les contribuables, pas les seuls retraités.

Deux ministres, deux orientations qui ne se recouvrent pas : l'un pose le choix entre indexation et abattement, l'autre dit ne pas aimer la désindexation. Au 15 septembre, rien n'était donc tranché. Le 17, le Premier ministre a fixé un plafond et laissé le Parlement choisir entre les deux pistes. Le texte déposé le 1er octobre n'a finalement pas choisi, il retient les deux.

Le point commun

Les scénarios diffèrent par la voie, pas par la direction

Aucune des options en discussion n'améliore le pouvoir d'achat des retraités. L'une agit par l'indice de revalorisation, l'autre par l'impôt. Elles se distinguent par le mécanisme, par le calendrier et par les catégories touchées, pas par le sens.

Quand la pression s'exerce sur les paramètres collectifs, qui se décident ailleurs et sans les intéressés, la seule marge qui subsiste au niveau individuel est la justesse du montant de départ.

L'effet d'assiette

Une pension se liquide une fois

Le montant fixé au moment de la liquidation devient l'assiette de tout le reste : les revalorisations s'y appliquent en pourcentage, la fiscalité s'y applique, et il est versé pendant vingt à vingt-cinq ans en moyenne.

Prenons une hypothèse simple, à titre d'illustration. Supposons 40 euros manquants par mois au départ, du fait d'une période de carrière absente du compte. Ce ne sont pas 40 euros. Ce sont 40 euros douze fois par an pendant vingt-cinq ans, auxquels s'ajoute le fait que chaque revalorisation annuelle, quelle qu'elle soit, s'appliquera à un montant trop bas. Un point d'indexation gagné ou perdu se discute dans un hémicycle. Une période manquante, elle, se corrige sur pièces.

Or ce montant initial n'est pas toujours juste. Dans son rapport de certification publié en mai 2026, la Cour des comptes a établi que 11,1 % des prestations de retraite nouvellement attribuées comportaient au moins une erreur de portée financière, et que plus de la moitié des erreurs définitives proviennent de données de carrière absentes ou erronées.

Ce que dit exactement le rapport de la Cour des comptes →

Sources

Les documents cités

Ce décryptage est une analyse générale, arrêtée à la date indiquée. Il éclaire les règles communes. Une situation particulière appelle un examen individuel.

Le premier geste

Commencer par le relevé de carrière

Le relevé de carrière se consulte gratuitement sur info-retraite.fr, le portail commun des régimes de retraite, tous régimes confondus. C'est le point de départ, et il ne coûte rien.

Quel que soit l'arbitrage rendu à l'automne, la question qui se pose à chacun reste la même : les périodes travaillées sont-elles toutes reportées, et au bon niveau ? Elle se traite d'autant plus facilement qu'on s'y prend tôt, quand les employeurs existent encore et que les bulletins de paie se retrouvent.

Les caisses de retraite restent seules compétentes pour fixer le montant d'une pension. Vérifier un relevé permet de contrôler ses droits pièce par pièce et de disposer des éléments pour agir.

Une question, un projet ?

Un premier échange de trente minutes en visioconférence, sans engagement.
Vous pouvez aussi écrire au cabinet, qui vous répond par email.
Les honoraires sont établis sur devis, après ce premier échange.