Fiches pratiques · Relevé et carrière
Mis à jour le 22 septembre 2026
Trimestres cotisés, assimilés, validés : quelle différence ?
Les trimestres validés sont tous ceux qui comptent pour votre retraite de base. On les additionne pour mesurer votre durée d'assurance. Ils sont de deux grandes natures : les trimestres cotisés, acquis par votre travail, et les trimestres assimilés, accordés pour certaines périodes sans travail, comme la maladie ou le chômage indemnisé. Pour atteindre la durée d'assurance nécessaire au taux plein, trimestres cotisés et assimilés comptent de la même façon. Pour un départ anticipé au titre d'une carrière longue, en revanche, la nature des trimestres devient déterminante : la durée exigée est une durée cotisée, même si certaines périodes non cotisées peuvent être retenues dans des limites précises.
L’essentiel
- Un trimestre cotisé s'obtient à partir de 1 803 € bruts de rémunération soumise à cotisations en 2026. Quatre trimestres en demandent 7 212, gagnés en quelques mois ou sur l'année entière.
- Les périodes sans travail s'ajoutent à des rythmes différents : un trimestre pour 60 jours d'arrêt maladie indemnisé, un pour 50 jours de chômage indemnisé, un pour 90 jours de service national.
- Deux ans de chômage indemnisé peuvent suffire au taux plein et manquer pour la carrière longue : les périodes réputées cotisées y sont plafonnées, et comptées motif par motif.
- Un trimestre validé sans salaire ne pèse pas dans le montant, qui se calcule sur les meilleures années de salaire. Il compte pour la durée, pas pour la somme.
Les trimestres cotisés : ceux du travail
Pour un salarié du secteur privé, un trimestre est cotisé dès que la rémunération soumise à cotisations atteint 150 fois le Smic horaire en vigueur au 1er janvier. En 2026, ce seuil est de 1 803 € bruts. C'est le montant gagné dans l'année qui compte, pas la durée travaillée : une rémunération de 7 212 € bruts en 2026 valide quatre trimestres, même sur quelques mois.
Une année ne peut jamais valider plus de quatre trimestres, quel que soit le salaire.
Les trimestres assimilés : ceux des périodes sans travail
Certaines interruptions de carrière comptent pour la retraite, sans cotisation de votre part. Les principales :
- la maladie et l'accident du travail : un trimestre pour 60 jours d'arrêt indemnisés.
- le chômage indemnisé : un trimestre pour 50 jours indemnisés. La première période de chômage non indemnisé compte aussi, dans une certaine limite (18 mois depuis 2011), de même que la période qui suit la fin de l'indemnisation (un an, cinq ans à partir de 55 ans pour qui a cotisé vingt ans).
- la maternité.
- l'invalidité.
- le service national : un trimestre pour 90 jours.
Ces périodes n'ajoutent pas de salaire cotisé sur votre relevé de carrière. Une année peut toutefois comporter à la fois des revenus d'activité et des trimestres assimilés. Elles sont en principe transmises par les organismes qui vous ont indemnisé, par exemple France Travail pour le chômage.
Les autres trimestres validés
D'autres trimestres peuvent s'ajouter à votre durée d'assurance : les majorations pour enfants, pour un aidant, ou au titre du compte professionnel de prévention. Les droits liés aux enfants ne sont pas toujours visibles spontanément sur le relevé. Vos enfants peuvent être déclarés à tout âge depuis votre compte retraite. Les majorations sont ensuite déterminées selon les règles applicables. Enfin, des trimestres peuvent être rachetés, par exemple pour des années d'études : selon l'option choisie, ils comptent pour le taux seulement, ou pour le taux et la durée d'assurance.
Pourquoi la différence compte
Pour le taux plein, elle ne compte pas. La durée d'assurance exigée pour une retraite sans décote se calcule en additionnant tous les trimestres validés, cotisés ou non, dans tous les régimes.
Pour la carrière longue, elle compte beaucoup. Le départ anticipé des personnes qui ont commencé à travailler jeunes repose sur une durée d'assurance cotisée. Certaines périodes non cotisées sont toutefois considérées comme « réputées cotisées » : jusqu'à quatre trimestres pour le chômage indemnisé, quatre pour la maladie et les accidents du travail, quatre pour le service national, deux pour l'invalidité et quatre au titre de l'assurance vieillesse des parents au foyer ou des aidants. Les périodes indemnisées de maternité sont également retenues, de même que les trimestres acquis au titre du compte professionnel de prévention. Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, jusqu'à deux trimestres de majoration ou de bonification liés aux enfants peuvent aussi être pris en compte. Un salarié qui a connu deux ans de chômage indemnisé peut donc réunir la durée nécessaire pour le taux plein, et manquer pourtant la durée cotisée exigée pour la carrière longue.
Pour le montant, les trimestres ne font pas tout. La pension de base se calcule sur le salaire moyen des meilleures années. Une année validée par le chômage ou la maladie compte dans la durée d'assurance, mais sans salaire, elle ne pèse pas dans ce calcul.
Pour la surcote, elle compte aussi. Une fois atteints l'âge légal et le nombre de trimestres requis pour le taux plein, ce sont les trimestres civils entiers cotisés en poursuivant son activité qui ouvrent droit à la surcote. Chacun augmente la retraite de base de 1,25 %. Un trimestre assimilé acquis pendant cette période ne produit donc pas le même effet.
Ce qu'il faut vérifier sur votre relevé
Pour chaque année, regardez le nombre de trimestres et leur nature. Une année travaillée qui en affiche moins de quatre, alors que la rémunération soumise à cotisations permettait d'en valider quatre, mérite une vérification. Une période de chômage ou d'arrêt maladie absente du relevé aussi : c'est souvent la période assimilée qui manque, parce que l'information n'a pas été transmise. Et si vous envisagez un départ anticipé, le décompte des trimestres cotisés et réputés cotisés est à faire à part : le total affiché ne suffit pas.
Pour savoir lire votre relevé année par année, voir la fiche Comment lire son relevé de carrière ?
Aller plus loin
Savoir si une carrière ouvre droit à un départ anticipé demande de reprendre chaque année, régime par régime, et de trier ce qui est cotisé de ce qui ne l'est pas. C'est l'un des objets du bilan retraite du cabinet, qui remet une analyse écrite.
Sources
Les pages officielles citées
- Service-public.fr : durée d'assurance retraite du salarié du secteur privé (vérifié le 1er janvier 2026)
- Service-public.fr : les périodes de chômage sont-elles prises en compte pour la retraite ?
- Service-public.fr : retraite anticipée pour carrière longue du salarié (vérifié le 1er septembre 2026)
- Service-public.fr : rachat de trimestres du salarié du secteur privé (vérifié le 1er janvier 2026)
- Légifrance : décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026, qui crée l'article D. 351-1-2-1 du code de la sécurité sociale (trimestres liés aux enfants et carrière longue)
- L'Assurance retraite : retraite anticipée et carrière longue
- L'Assurance retraite : la prise en compte de ma carrière
- L'Assurance retraite : prolonger mon activité, la surcote
- L'Assurance retraite : compléter ma carrière et déclarer mes enfants
Cette fiche donne des repères généraux. Une situation particulière appelle un examen individuel.
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